Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Établissement des priorités

Systèmes de classification existants des nanomatériaux

Il existe de nombreuses différentes façons de classifier les nanomatériaux, y compris la composition chimique, les similarités dans les formes, l’emplacement à l’intérieur du produit d’utilisation finale et l’analyse axée sur le risque. Les systèmes de classification qui sont fondés sur les similarités dans la composition chimique sont abordés plus loin dans cette section. Par souci de clarté, ce document ne mentionne pas tous les systèmes de classifications existants des nanomatériaux[1][2]). 

Classification des nanomatériaux par composition chimique

Un système de classification des nanomatériaux fondé sur les similarités dans la composition chimique pourrait convenir aux programmes de réglementation axés sur les cadres chimiques traditionnels. Les organismes internationaux tels que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que les principaux chercheurs dans le domaine des nanomatériaux, travaillent en ce moment sur une classification des nanomatériaux reposant sur les caractéristiques chimiques qui permettrait d’utiliser les analogues et les données déduites à partir d’analogues pour déterminer les conséquences potentielles en matière de sécurité. 

Le Groupe de travail sur les nanomatériaux manufacturés de l’OCDE a été formé en 2006 afin de mener à bien les efforts de coopération internationale visant à comprendre les aspects des nanomatériaux manufacturés qui ont trait à la santé et à la sécurité environnementale  parmi les pays membres[3]. L’un des principaux projets de l’organisation est de mettre à l’essai un ensemble représentatif de 13 nanomatériaux pour en déterminer les effets sur la santé humaine et la sécurité environnementale. Les nanomatériaux qui sont déjà utilisés ou qui le seront bientôt, y compris les fullerènes (aussi connus sous le nom de « footballène ») et les nanotubes de carbone simple paroi et multiparoi, sont évalués pour leurs paramètres physicochimiques, leur dégradation et accumulation dans l’environnement, leur toxicologie environnementale et leur toxicologie mammalienne. À l’intérieur de chaque « classe » des 13 nanomatériaux, différentes formes de nanomatériaux chimiquement similaires ont été sélectionnées pour la mise à l’essai; par exemple, différentes tailles et différents revêtements de surface du même nanomatériau de base, tel que le dioxyde de titane, seront inclus dans la recherche. L’un des objectifs de cette mise à l’essai est de permettre l’utilisation  de données déduites à partir d’analogues avec ces nanomatériaux chimiquement similaires. Dans le même ordre d’idées le Groupe de travail sur les nanomatériaux manufacturés  de l’OCDE a organisé un atelier d’experts en 2014 pour établir les catégories de nanomatériaux. Son but : alimenter la mise à l’essai, les  déductions à partir d’analogues et l’établissement de rapports structure-activité ainsi que, l’évaluation  et la gestion des risques. .

Stone et al. (2010) ont élaboré un système de classification des nanomatériaux fondé sur les similarités de la composition chimique d’un point de vue environnemental[4]. Dans leurs travaux, les classes proposées sont le carbone, les métaux ou oxydes métalliques et les substances organiques (voir la figure 1 ci-dessous).

Figure 1 : Système de classification des nanomatériaux suggéré par Stone et al. (2010)

Sytème de classification des nanomatériaux

Classifications à des fins de réglementation

Plusieurs suggestions concernant les systèmes de classification des nanomatériaux utilisés à des fins de réglementation par le Conseil ont émergé au cours des discussions menées auprès des intervenants et d’autres experts lors de l’atelier de l’Initiative sur la nanotechnologie du Conseil du 20 mars 2013[1], en plus des exemples abordés ci-dessus et à l’annexe I. Il a été convenu que bon nombre des systèmes de classification proposés ne respectent pas les exigences réglementaires du Canada ou des États-Unis, alors que d’autres exigent toujours une étude approfondie afin d’être considérés. À la suggestion des intervenants,  les systèmes de classification des nanomatériaux pourraient s’appuyer sur les caractéristiques suivantes (si jamais des données scientifiques suffisantes deviennent disponibles) :

  • les expositions (à l’état poudreux ou sous forme d’aérosol, exposition liquide, analyse du cycle de vie et exposition des consommateurs);
  • les profils d’utilisation (utilisation industrielle seulement, utilisation par les consommateurs, utilisation commerciale);
  • le mode d’action toxicologique des nanomatériaux (p. ex. les rapports structure-activité);
  • les propriétés physicochimiques (p. ex. l’activité de surface, l’activité catalytique, l’activité électronique).

L’un des objectifs du système de classification élaboré au moyen de l’Initiative sur la nanotechnologie du Conseil est de servir de cadre pour appuyer la sélection  d’analogues et de données déduites à partir d’analogues appropriés qui serviront, dans la mesure du possible, aux évaluations des risques propres aux substances dans le cas des nanomatériaux. Pour l’instant, il n’y a aucun cadre de réglementation propre aux nanomatériaux au Canada ou aux États-Unis. 

Les responsables des Programmes Canada-États-Unis reconnaissent qu’il n’existe toujours pas suffisamment de connaissances scientifiques exhaustives  pour élaborer un système de classification des nanomatériaux validé, contrairement aux systèmes de classification créés pour les produits chimiques traditionnels. Toutefois, un système de classification des nanomatériaux reposant sur les similarités de la composition chimique et permettant l’utilisation d’analogues et de données déduites à partir d’analogues fournira aux Programmes Canada-États-Unis un bon point de départ pour la classification des nanomatériaux et il sera considéré comme adéquat à la lumière  des cadres réglementaires existants.  Ce système de classification des nanomatériaux proposé sera mis au point au fur et à mesure que les connaissances scientifiques sur les nanomatériaux continuent à s’accumuler, et il se concentrera, à terme, sur des caractéristiques précises telles que le mode d’action.

La section suivante présente le système de classification des nanomatériaux élaboré dans le cadre de l’Initiative sur la nanotechnologie du Conseil. Elle met également en évidence certains paramètres physicochimiques qui pourraient être importants pour déterminer si deux nanomatériaux partagent suffisamment de similarités pour servir d’analogues et de données déduites à partir d’analogues.



[1] Communiquer avec Rccnanoccr@ec.gc.ca pour obtenir une copie du rapport sur l’atelier à plusieurs intervenants de l’Initiative sur la nanotechnologie du Conseil de coopération en matière de réglementation qui s’est  déroulé le 20 mars 2013. .



[1] Olson, M.; Gurian, P. J. Nanopar. Res., 2012, 14, 786. 

[2] Nel, A.; Xia, T.; Mädler, L.; Li, N.Science, 2006, 311, 622-627.

[3] Disponible en ligne à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/env/ehs/nanosafety/sponsorshipprogrammeforthetestingofmanufacturednanomaterials.htm

[4] Stone, V.; Nowack, B.; Baun, A.; Brink, N.; Kammer, F.; Dusinska, M.; Handy, R.; Hankin, S.; Hassellov, M.; Joner, E.; Fernandes, T. Sci. Total Env., 2010, 408, 1745-1754.